Communiqué du Collectif Ensemble-UT3 – 24 janvier 2022

Pourquoi nous soutenons le projet TIRIS

À moins d’une semaine de l’échéance de l’appel à projets « ExcellencES » du PIA4, la situation du site toulousain et de sa région n’a jamais été aussi confuse. Les circonstances, (annexe 1 ci-dessous) ont conduit à l’émergence récente d’un projet concurrent au projet TIRIS construit par les acteurs du site depuis de nombreux mois. Le président de l’Université Paul Sabatier, porteur de ce projet nommé TTU, n’a cependant pas encore indiqué clairement ce qu’il allait mettre au vote de son Conseil d’Administration le 27 janvier prochain. Pour le collectif Ensemble, il serait littéralement suicidaire pour le site de soumettre deux projets au jury international, et nous exposons ici les raisons de notre choix assumé de soutenir le seul projet TIRIS face au projet TTU. Notre association a en effet toujours travaillé et continue à travailler pour l’avenir commun de la grande Université de Toulouse et de sa région, dans un souci de démocratie, de transparence et d’excellence : excellence reconnue de nos chercheurs et laboratoires, nombre d’entre eux faisant partie des meilleurs mondiaux, excellence de nos formations dont les diplômés connaissent de remarquables taux d’insertion professionnelle. Notre communauté participe activement au développement économique, social et intellectuel de notre région et la fait rayonner en France et dans le Monde. L’Université est attendue : alors que nous sommes confrontés à des défis immenses comme le changement climatique ou la transformation numérique, nous devons renforcer notre contribution au développement des savoirs, dans tous les domaines scientifiques, et les partager le plus largement pour former les acteurs des grandes transitions. Nos étudiant.e.s, tout particulièrement, sont de plus en plus soucieux de pouvoir contribuer à relever ces grands défis. L’excellence doit impérativement prendre en compte cette nouvelle dimension.

Pour répondre à ces besoins, nous sommes convaincus que nous devons dépasser les frontières de nos établissements. Depuis dix ans, nous avons porté des positions qui sont toutes allées dans le sens d’un accroissement de la politique de site, en restant vigilants sur le respect des valeurs fondamentales de l’université, la collégialité et la démocratie. Cela a porté ses fruits pour partie, mais nous devons aujourd’hui aller plus loin en matière de structuration du site. Certes, nous faisons partie des rares sites français à avoir une véritable politique commune, mais il est temps de franchir un cap supplémentaire pour donner une véritable identité commune à l’université de Toulouse et porter des projets ambitieux en commun, tournés vers les problématiques d’avenir décrites ci-dessus.

Le projet TIRIS a été construit dans cet état d’esprit, de manière collégiale, par l’ensemble des établissements de l’enseignement supérieur du site toulousain, avec le soutien actif de la Région Occitanie et de Toulouse Métropole. Il s’inscrit dans une double volonté : obtenir le statut de Grande université de recherche, que notre site se doit d’obtenir étant donné l’excellence de la recherche et de la formation qui y sont effectuées, et obtenir des financements dans le nouveau cadre du PIA4, avec son volet « Excellences sous toutes ses formes ».

Ce nouvel appel à projet n’est pas une réédition des appels IDEX. Il élargit considérablement les critères d’évaluation de l’intérêt des projets, et le jury international n’est plus le même. Le projet TIRIS a été construit pour y répondre. Pour cela, il faut que notre site démontre qu’il est capable d’évoluer et de partager plus encore ses stratégies de recherche et de formation, sa politique internationale, ses capacités de gestion, en s’appuyant sur son potentiel humain remarquable. Cela nous permettra d’obtenir le statut de Grande université de recherche indispensable pour éviter le risque de décrochage auquel nous sommes aujourd’hui confrontés et d’être reconnus parmi les meilleures universités de rang mondial.La qualité actuelle de nos recherches et de nos formations nous le permet, et la synergie qui s’amorce au travers du projet TIRIS ne pourra que l’amplifier. Le projet scientifique construit depuis de nombreux mois pour être adossé à TIRIS est ainsi unanimement reconnu comme solide. Les volets institutionnels différencient les deux projets, de par la philosophie qui leur est sous-jacente.

En effet, le projet TIRIS, issu d’une concertation à l’échelle du site, propose la création d’une COMUE expérimentale dont les instances de gouvernance respectent les valeurs de démocratie, de collégialité et d’inclusion de toutes les sensibilités disciplinaires et scientifiques. Son Conseil d’Administration restera composé d’une majorité de personnels et d’étudiants élu.e.s, représentatifs de note diversité, qui est une force. Le projet TTU promeut lui une gouvernance resserrée, dite « agile », limitée à un petit groupe d’individus, s’appuyant sur un conseil d’administration dépourvu d’étudiant.e.s ou de personnels BIATSS, composé en majorité de personnalités extérieures et se réunissant deux fois par an à Paris, sur le modèle des conseils de surveillance des grandes entreprises. Il est frappant que rien ne soit dit sur les modalités de désignation de ce conseil central, ni sur le type de personnalités censées le composer : représentants de ministères, d’entreprises, personnalités choisies ? Tout est imaginable, ce qui rend peu crédible la proposition. De plus, ce projet ne constitue en rien une étape vers une intégration plus forte : c’est surtout la désintégration de l’UT3 en cinq parties qui apparaît, avec un très grand déséquilibre dans la représentation des composantes. Ainsi, la Faculté des Sciences et Ingénierie n’aurait que 4 représentants au Sénat Académique, comme la F2SMH ou TSE, alors que le spectre disciplinaire et le nombre d’enseignements-chercheurs y sont incomparablement plus grands. Le modèle institutionnel serait celui d’un établissement expérimental (EPE), appelé à devenir à terme un Grand établissement. Ce statut permettrait de déroger au code de l’éducation, c’est-à-dire au droit commun des universités françaises, sans les garde-fous auxquels nous sommes attachés. Notamment, il autoriserait d’augmenter les frais d’inscription des étudiant.e.s. TTU, de fait très centré sur l’économie, se propose aussi de ne labelliser qu’une fraction des formations, dites « étoilées », qui bénéficieront prioritairement des financements du PIA4. Il accepte également l’idée de sursalaires conséquents, pour les chercheurs « excellents ». De plus, la très grande majorité de ses personnels et toute son administration proviendraient de l’UT3. Insistons sur le fait que le projet TTU ne concernerait que l’université UT3 et TSE, peut-être l’ISAE-Supaéro, les autres établissements toulousains en étant complètement exclus de fait. Nous, collectif Ensemble, ne pouvons accepter cela.  

Le projet TTU ne constitue en rien une meilleure chance de succès au PIA4, bien au contraire : il n’est pas plus intégratif, il est étroit dans son périmètre, et il repose sur le soutien d’une composante, TSE, dont l’université Toulouse Capitole  au travers de son CA a voté à une très large majorité pour refuser qu’elle sorte de l’université. Si c’était le projet TTU qui était déposé, nous irions donc vers un échec assuré devant le jury international.

Face à cette situation, il est donc important pour nous que toutes nos forces s’engagent dans la réalisation du volet institutionnel du projet TIRIS afin qu’il soit retenu et financé dans le cadre du PIA4. Nous souhaitons que l’ambition du projet TIRIS se renforce encore et nous y travaillerons. Il ne s’agit là que d’une première étape, l’objectif suivant étant de décrocher le statut de Grande université de recherche aux travers des six critères établis par l’État (voir annexe 2 ci-dessous). Le site toulousain, qui est le second site universitaire français après Paris, de par sa place dans le dispositif de l’Enseignement supérieur français, l’excellence de ces recherches et de ses formations et son impact sociétal, mérite vraiment ce label, label qui nous permettra d’avoir accès à des financements spécifiques d’envergure, indispensables aujourd’hui pour que Toulouse et sa région restent compétitifs au niveau international.

Annexe 1 : Chronologie des faits et éléments de contexte

– En 2011, le site ayant répondu au premier appel d’offre du Plan d’Investissement d’Avenir (PIA), obtient une labellisation au titre des Initiatives d’Excellence (IDEX). Rédigé sans concertation, cette IDEX suscite un rejet très large dans tous les établissements. La construction d’un fonctionnement acceptable gardant les ambitions du projet d’origine est donc lancée.

– En 2013, les membres du PRES élaborent le fonctionnement précis de l’IDEX, validé par le Premier Ministre qui signe la convention attributive de l’IDEX. En 2016, cette IDEX n’est pas pérennisée par l’État, à la suite d’une évaluation intermédiaire défavorable par le jury international. Le jury a en effet refusé de prendre en compte le nouveau programme validé par la convention attributive signée par le Premier Ministre. On parle de la « perte de l’IDEX ». Plusieurs tentatives de « reconquête » de l’IDEX échoueront à l’occasion des PIA2 et 3.

– Un nouvel appel d’offre est lancé à l’occasion du PIA4 à la fin 2020, bien plus ouvert dans les possibilités de structuration du site que le modèle IDEX du PIA1 : « À la différence des trois premiers programmes, le nouveau PIA4 fait le choix de l’agilité et de la simplicité. »[1] Plus précisément, nous parlons aujourd’hui de la seconde vague de l’appel d’offre « Excellences sous toute ses formes » du PIA4.[2] Un nouveau jury a été nommé pour cet appel à projets.

– Patrick Lévy est missionné en janvier 2021 par la Région Occitanie et Toulouse Métropole[3] à la suite d’un rapport écrit par Marion Guillou et Jean Tirole. Il lui est demandé de faire travailler l’ensemble des établissements du site toulousain à la rédaction d’un projet commun. Il met en place plusieurs groupes de travail inter-établissements.

– En été-automne 2021, tous les CA du site votent des Principes fondateurs, orientant clairement le projet vers une COMUE expérimentale plutôt que vers un EPE. Le projet TIRIS (Toulouse Initiative for Research Impact on Society) qui en découle inclut donc l’ensemble des forces du site en enseignement supérieur et recherche. UT3 en fait toujours partie à ce jour.

– Fin décembre 2021, un nouveau projet concurrent est rendu public. TTU (Toulouse Tech University) est porté par le président d’UT3, associé à TSE (Toulouse School of Economics, composante d’UT1). Il a le soutien de l’ISAE-Supaéro qui rejoindrait le projet s’il était financé. L’incompréhension des personnels d’UT3 et de leurs élu.e.s, ainsi que des partenaires institutionnels est « donc grande à la découverte d’une initiative isolée ».[4]

– Le 18 janvier 2022, le CA d’UT1 rejette largement la demande de sa composante TSE de rejoindre TTU, ce qui rend techniquement caduc le schéma de gouvernance de TTU (26 voix contre la sortie de la composante d’UT1, 2 pour, 4 refus de vote). – Le 1er février 2022 : dépôt de la candidature à l’appel d’offre


[1] https://www.gouvernement.fr/4eme-programme-d-investissements-d-avenir-20-milliards-d-euros-pour-l-innovation-dont-plus-de-la

[2] https://anr.fr/fr/detail/call/excellences-sous-toutes-ses-formes-excellences-appel-a-projets-2021-vague-2/

[3] https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=&ved=2ahUKEwjanuj3z8X1AhXmyYUKHc3pCjwQFnoECBQQAQ&url=https%3A%2F%2Fwww.univ-toulouse.fr%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2F2021-02%2FCP_missionLevy_12janvier21_univ-toulouse.pdf&usg=AOvVaw177P7bDeX4jsQ-xEZYfrVl

[4] https://www.univ-toulouse.fr/actualites/communique-faisant-suite-annonce-du-projet-toulouse-tech-university

Annexe 2 : Les attributs requis pour devenir une Grande Université de recherche

– Stratégie de recherche et de formation partagée ;

– Signature scientifique unique ;

– Reconnaissance internationale par une prise en compte dans les classements internationaux ;

– Cohérence des politiques budgétaires avec la stratégie partagée ;

– Cohérence des politiques de recrutement des enseignants-chercheurs, enseignants et chercheurs avec la stratégie partagée ; – Diplomation commune : le président de l’université cible signe les diplômes, notamment le doctorat


Le site d’enseignement supérieur et de recherche toulousain à la croisée des chemins

Les établissements du site toulousain ont décidé de s’unir et de déposer un projet commun pour répondre au programme « ExcellenceS » de la 4ème vague des « Programmes Investissement d’Avenir » (PIA4), l’objectif étant, à terme d’obtenir le label de Grande Université de Recherche (GUR).

La région Occitanie et Toulouse Métropole ont sollicité Patrick Lévy, ancien Président de l’Université de Grenoble-Alpes, pour qu’il conduise ce projet. Patrick Lévy a alors initié, le 8 janvier 2021, un travail collégial avec l’ensemble des acteurs du site (onze partenaires dont les 3 universités toulousaine). Ce travail a débouché sur le projet intitulé «Toulouse Initiative for Research Impact on Society (TIRIS) » qui repose sur la création d’une COMUE Expérimentale, afin de respecter les principes fondateurs votés par les établissements à l’été-automne 2021. Il a notamment permis l’élaboration d’un projet de recherche intégratif, dont l’excellence est reconnue par tous les acteurs qu’ils soient académiques ou politiques.

Cependant, à la rentrée des fêtes de fin d’année, un nouveau projet complètement différent, dénommé « Toulouse Tech University (TTU) » a été proposé au Conseil des Membres de l’Université Fédérale de Toulouse. Ce projet est porté par la présidence de l’Université Toulouse 3, Paul Sabatier avec pour partenaire l’Ecole d’Economie de Toulouse (TSE) et le soutien de l’Institut Supérieur de l’Aéronautique et de l’Espace (ISAE).

L’histoire récente, à savoir l’échec du site lyonnais, nous démontre que le site toulousain ne pourra pas proposer plus d’un projet s’il ne veut pas compromettre ses chances de succès.

Le collectif Ensemble et ses élu.e.s réaffirment leur attachement à un projet ambitieux et inclusif fédérant l’ensemble des forces vives d’enseignement supérieur et de recherche du site, et respectueux des valeurs universitaires de collégialité et de démocratie. A ce titre, nous appelons les chefs d’établissement du site à la raison et au dialogue, afin de travailler sur un projet unique permettant à notre site de sortir par le haut de cette crise et nous garantissant à terme le statut de Grande Université de Recherche. Il en est encore temps. L’intérêt commun doit impérativement l’emporter.

Etant donné l’importance de ce sujet pour l’avenir du site toulousain, des élu.es du Conseil d’Administration (CA) d’UT3 (dont la totalité des élu.es Ensemble) ont demandé au Président d’UT3 et obtenu l’organisation d’un CA exceptionnel le 20 janvier pour discuter des 2 projets et préparer le CA du 27 janvier.

Pour rappel, le projet toulousain doit être déposé avant le 1er février 2022.



Informations de fin d’année -décembre 2021

En cette fin d’année 2021, voici quelques informations sur un certain nombre d’événements concernant notre établissement que nous souhaitons partager avec vous.

1/ Nos inquiétudes autour de la réponse du site à l’appel d’offre du PIA4, déjà exprimées à plusieurs reprises, ne trouvent toujours pas de réponse alors que le projet a pris un retard extrêmement inquiétant. Nous joignons à ce message un communiqué des élu.e.s Ensemble au Conseil d’administration de la COMUE, qui illustre leur désarroi face à cette situation.

2/ Le budget 2022 de l’UT3 a déçu de nombreux acteurs. Il s’agit d’un budget technique, non-étayé par une vision stratégique et politique, qui continue à prévoir des campagnes d’emplois réduites et à appauvrir les composantes de l’établissement. Lors du Conseil d’administration du 13 décembre dernier, le budget n’a été adopté que grâce à la voix prépondérante du président à l’occasion d’un scrutin très serré (16 voix pour, 16 voix contre, 3 abstentions).

3/ Le gouvernement met en place pour 5 ans un dispositif temporaire de promotion « au choix » des MCF afin de rattraper le retard accumulé des promotions dans le corps des PR. C’est une très bonne nouvelle pour nos collègues et 18 promotions sont prévues dans les mois à venir au titre des campagnes 2021 et 2022 dans notre établissement. Malgré nos questionnements réitérés, la présidence d’UT3 refuse de communiquer sur le dispositif qui sera mis en place pour mener à bien ces campagnes dites de « repyramidage ». Les conseils centraux doivent rapidement être consultés, en impliquant les composantes et les directoires de recherche, sur une procédure consensuelle et collégiale de mise en œuvre pratique de la mesure.

4/ Nous restons très inquiets du mal-être des collègues BIATSS dans les administrations centrales, qui se traduit par un exode massif y compris au niveau de l’encadrement. La réduction des campagnes d’emplois, menant à un recours toujours plus important aux emplois contractuels, contribue également à fragiliser notre administration en dépit du fort investissement de nos collègues au quotidien.

En vous souhaitant d’excellentes fêtes de fin d’année, Le collectif Ensemble




Nouvelle procédure de promotion des personnels enseignants-chercheurs à l’Université Paul Sabatier

Le 8 mars dernier, le Conseil d’administration de l’UPS a adopté les « Lignes directrices de gestion relatives aux promotions et à la valorisation des parcours professionnels » de notre établissement, arbitrées par la présente équipe présidentielle.

De nouvelles procédures d’avancement sont donc aujourd’hui en vigueur. Les élu.e.s « Ensemble » ont participé aux séances du Conseil académique en formation restreinte des 11 et 17 mars derniers consacrées à l’examen des dossiers de promotions des enseignants-chercheurs. Ces dossiers ne sont désormais plus examinés au préalable par les groupes d’avancement. Le travail, mal préparé en amont et mal cadré, est très vite devenu laborieux. Nombre d’entre vous, canditat.e.s. à une promotion, ont été surpris.es en découvrant l’appréciation de leur dossier sur Galaxie. Nous avons fait une analyse précise de cette procédure, et nous proposons des améliorations pour la prochaine campagne, à découvrir ici.

Analyse et propositions du collectif Ensemble

La nouvelle procédure

Le 8 mars dernier, le Conseil d’administration de l’UPS a adopté les « Lignes directrices de gestion relatives aux promotions et à la valorisation des parcours professionnels » de notre établissement. Y figurent notamment les nouvelles « Procédures de promotion des personnels enseignants et enseignants-chercheurs » arbitrées par la nouvelle équipe présidentielle. Le document complet peut être trouvé sur l’Intranet de l’UPS, nous reproduisons en annexe A le logigramme présenté en CA résumant ces procédures. Elles ont été mises en œuvre pour la première fois cette année. Les principales nouveautés sont les suivantes :

  • Les anciens « Groupes d’avancement » vont être remplacés par 10 « Groupes d’avancement des enseignants-chercheurs » (GAEC), 5 pour les collèges A et 5 pour les collèges B, avec les mêmes périmètres scientifiques que les précédents. Nouveauté, les collèges A ne siègeront plus avec les collèges B dans les GAEC B. Ces groupes sont plus réduits en nombre que les précédents puisque seuls 12 membres siègeront dans chacun d’entre eux, 6 désignés par les collèges scientifiques, et 6 nommés par le Président probablement à partir de propositions remontées des composantes. Lors de la phase « pré-CNU », où l’établissement émet un avis sur les dossiers des candidat.e.s à destination des sections CNU, les GAEC ne sont plus consultés. Le Conseil académique en formation restreinte (CAc fr) doit émettre un avis de quelques lignes sur la seule base des dossiers des candidat.e.s résumés dans la grille de synthèse fournie par les candidats. Ces dossiers ont été certifiés auparavant par les départements d’enseignement et les composantes, qui ont vérifié au mieux les éléments factuels et déclaratifs des dossiers, comme les services d’enseignement et les responsabilités pédagogiques. Nouveauté cette année, les quelques lignes d’avis sont assorties de deux appréciations quantitatives, « exceptionnel », « excellent », « bon » ou « normal », pour les activités de formation et administratives, ce qui est totalement nouveau dans notre établissement et n’a jamais été discuté au sein de nos instances. Ces appréciations sont accompagnées par des données statistiques présentant leur répartition par catégories dans notre établissement, ce qui a ému nombre de collègues postulant à un avancement.  L’activité de recherche n’est pas concernée à ce stade. Ces appréciations seront également transmises aux GAEC pour la phase locale.
  • En phase locale « post-CNU », les GAEC « étudieront » les dossiers et leurs Président.e.s « présenteront la procédure d’évaluation de leurs dossiers aux membres du CAc fr (retour argumenté) » , selon le point 17 du logigramme. Il n’est pas clair si ce retour prendra la forme d’un classement des candidat.e.s, et s’il portera sur l’ensemble du dossier ou bien seulement sur le volet recherche. À ce jour, nous n’avons pas obtenu de réponses claires à ce sujet.

Notre analyse

Les élu.e.s Ensemble ont participé aux séances du CAc fr des 11 et 17 mars derniers consacrées à l’examen des dossiers. La première séance a commencé par un débat suivi d’un vote sur la procédure (vote non prévu à l’ordre du jour). L’examen des dossiers a commencé à 15h et l’évaluation des dossiers MCF s’est terminée à 22 heures, heure à laquelle très peu de conseillers étaient encore présents. L’examen des dossiers PR a donc dû être reporté à une date ultérieure, d’où la seconde réunion du 17 mars, non programmée initialement.

Un point notable est que les grilles synthétiques servant à l’évaluation et pré-remplies par les candidats mentionnaient explicitement que les appréciations quantitatives seraient délivrées par les départements ou composantes. Or dans les grilles reçues par les conseillers du CAc fr pour évaluer les dossiers, ces champs étaient vides. Nos élu.e.s ont demandé des explications à la Présidente du CAc, qui leur a répondu qu’il y avait une erreur dans les grilles, et qu’en fait, c’était aux conseillers de délivrer ces appréciations. Devant ce manque de transparence sur la procédure, non respectueux de l’engagement de nos collègues dans l’exercice de leur métier, nos élu.e.s n’ont pas souhaité accompagner leur avis qualitatif sur les candidat.e.s de l’appréciation quantitative demandée. Le texte complet de leur message envoyé aux autres élu.e.s est reproduit en annexe B.

Globalement, du fait du non-examen préalable des dossiers par les GAEC, le travail, mal préparé en amont et mal cadré par la Présidente du CAc et le VP RH est très vite devenu laborieux, ce qui explique sa lenteur et le besoin d’une deuxième réunion pour les PR. Nos élu.e.s s’inquiètent du manque d’équité dans le traitement des dossiers de promotion de nos collègues. Ceux qui ont été examinés en début de séance par un conseil presque complet l’ont nécessairement été plus sérieusement que ceux examinés tard dans la soirée, par une assemblée clairsemée et fatiguée.

Enfin, la deuxième réunion concernant les PR s’est tenue en l’absence des représentants de composantes, qui n’ont pas été invités.

Nos propositions

Afin de ne pas renouveler les erreurs de cette première édition de la nouvelle procédure d’évaluation des dossiers de promotion des personnels enseignants-chercheurs, le collectif Ensemble propose de :

  • Réintégrer les GAEC dans la phase pré-CNU, comme cela se faisait auparavant sans, qu’à notre connaissance, cela n’ait suscité de réaction négative dans l’établissement. Proches des champs disciplinaires des candidat.e.s, leurs membres sont les plus à-même d’évaluer l’investissement réel de nos collègues dans l’ensemble de leurs missions. Malgré toute leur bonne volonté, les élu.e.s du CAC fr sont trop peu nombreux pour embrasser sérieusement l’ensemble des cultures disciplinaires de l’établissement. Certains collègues de rang B ont dû examiner plus de 20 dossiers en une semaine. Des collègues médecins se sont retrouvés à devoir évaluer par exemple des dossiers de physiciens, ce qui les a mis en grandes difficultés. À ce stade pré-CNU, nous pensons que le rôle du CAc fr doit se limiter à vérifier l’égalité de traitement entre candidat.e.s, sans interférer dans l’évaluation par les pairs de la discipline. Du fait de ces difficultés, les avis saisis dans l’application nationale ont malheureusement surpris bon nombre de nos collègues de par leur caractère approximatif, obsolète, voire erroné.
  • Supprimer l’appréciation quantitative « exceptionnel », « excellent », « bon » ou « normal » de l’avis transmis au CNU. La plupart des sections CNU ignorent ces appréciations locales, car elles souhaitent juste recevoir des éléments factuels et certifiés de la part de l’établissement d’origine. Elles savent pertinemment que les appréciations quantitatives sont très hétérogènes à l’échelon national, donc in fine peu utiles. Étant donné la confusion qui a entouré la délivrance des appréciations quantitatives émises par le CAc fr en phase pré-CNU, cette année, les GAEC ne devraient pas être tenus d’en tenir compte dans leurs classements.
  • En phase post-CNU, les GAEC doivent continuer à juger un dossier sur l’intégralité des missions  d’un.e enseignant.e-chercheur.e  (enseignement, recherche, responsabilités collectives) et leur bon équilibre.
  • En phase post-CNU, faire statuer le CAc fr sur des classements établis dans chaque GAEC. Le CAc fr continuera à interclasser les dossiers et, à titre exceptionnel, à inverser certains classements de GAEC, si des irrégularités sont constatées. À notre connaissance, ce fonctionnement est consensuel au sein de notre établissement.
  • Inviter de nouveau les représentants de composantes en CAc fr. Leur présence nous parait indispensable afin d’assurer l’égalité des chances entre candidat.e.s, dont les dossiers doivent être soutenus par les acteurs de terrain qui les connaissent le mieux.

Nous souhaitons qu’un bilan du fonctionnement des anciens Groupes d’avancement soit réalisé, afin d’appuyer les éventuelles évolutions sur un constat transparent et partagé collectivement. À ce jour, les réelles motivations des modifications profondes de la procédure n’ont jamais été exposées clairement par l’équipe présidentielle.

Nous appelons de nos vœux un réel débat constructif en CAc et en CA sur ces procédures, qui concernent des moments importants de la carrière de nos collègues, et méritent donc d’être préparées en amont collégialement et dans la plus grande transparence.