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PASS, L.AS, 6 ans : le parcours des études de sage-femme sans zone floue

Manon Mathieu 9 min de lecture
Sage femme etudes PASS L.AS : parcours 6 ans

Pour devenir sage-femme en France, il faut suivre des études de maïeutique après le baccalauréat, passer par une première année universitaire de santé, puis valider des cycles de formation qui mêlent cours, stages et pratique clinique. Le parcours est sélectif, mais il est désormais plus lisible : PASS ou L.AS pour entrer, premier cycle pour acquérir les bases, deuxième cycle pour renforcer la clinique, puis troisième cycle pour les étudiants concernés par la réforme.

Entrer en études de sage-femme après le bac : PASS, L.AS et sélection

L’accès aux études de sage-femme ne se fait pas directement après le lycée dans une école spécialisée. Il passe d’abord par l’université, dans les filières de santé regroupées sous l’acronyme MMOPK : médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie et kinésithérapie. La PACES a été remplacée par deux voies principales, le PASS et la L.AS, qui organisent aujourd’hui l’entrée dans la filière.

Quiz : Études de Sage-Femme

PASS : une première année centrée sur la santé

Le PASS, ou parcours d’accès spécifique santé, s’adresse aux étudiants qui veulent suivre une année très orientée vers les matières médicales, avec une option dans une autre discipline. Les résultats obtenus pendant l’année permettent de candidater à l’entrée en maïeutique, selon les modalités de l’université et le nombre de places disponibles. La sélection se joue donc sur les résultats, mais aussi sur la cohérence du dossier et sur la capacité à tenir le rythme universitaire.

Cette voie convient souvent aux profils qui veulent consacrer l’essentiel de leur première année aux sciences de la santé : biologie, anatomie, physiologie, pharmacologie, santé publique ou encore sciences humaines appliquées au soin. Elle demande une organisation rigoureuse dès les premières semaines, car la sélection repose sur un niveau universitaire élevé et une régularité de travail. Mieux vaut avancer vite, relire souvent et garder une méthode stable plutôt que de compter sur un rattrapage de dernière minute.

L.AS : une licence avec option accès santé

La L.AS, ou licence avec option accès santé, permet de suivre une licence dans une discipline principale, par exemple sciences, droit, psychologie ou sciences humaines, tout en ajoutant une option santé. Elle peut être pertinente pour les étudiants qui souhaitent garder un ancrage disciplinaire plus large ou sécuriser leur parcours universitaire. Cette voie convient aussi à ceux qui préfèrent une licence de droit commun, avec une possibilité d’accès à la maïeutique si les résultats suivent.

Dans les deux cas, l’entrée en deuxième année de maïeutique dépend des résultats, des épreuves prévues par l’université et des capacités d’accueil. Les candidats disposent en principe de 2 tentatives maximum pour accéder aux filières de santé, ce qui oblige à réfléchir tôt à sa stratégie, au choix de l’université, à l’adéquation avec son profil et aux méthodes de travail à adopter. Si l’admission n’est pas obtenue immédiatement, il faut aussi prévoir une solution de poursuite d’études cohérente.

Un choix d’orientation se construit rarement d’un seul coup. Au lycée, il faut regarder ses points forts, sa tolérance à la pression, son intérêt pour le soin relationnel et son aisance dans les matières scientifiques. Au moment de trancher entre PASS et L.AS, ces repères comptent davantage qu’une comparaison abstraite avec les autres candidats. Les noter noir sur blanc permet d’avancer avec une décision plus solide.

Durée des études et diplômes : ce qui change avec la réforme

Les études de sage-femme ont longtemps conduit au diplôme d’État de sage-femme à bac + 5. La réforme introduit un parcours à 6 ans, avec la création d’un troisième cycle et l’obtention du diplôme d’État de docteur en maïeutique. Cette évolution vise à mieux reconnaître le niveau de compétences, la responsabilité clinique et l’intégration universitaire de la profession.

Sage femme etudes : schéma du parcours après le bac, PASS, L.AS, cycles et diplômes en France
Sage femme etudes : schéma du parcours après le bac, PASS, L.AS, cycles et diplômes en France

La formation est organisée en cycles successifs. Le premier cycle pose les bases scientifiques et médicales, le deuxième développe les compétences cliniques et professionnelles, et le troisième approfondit la pratique, la recherche et la préparation à l’exercice autonome. En France, la formation s’appuie sur un réseau d’environ 35 écoles de sages-femmes et d’établissements universitaires, avec des stages dans des structures variées. L’ensemble crée un parcours progressif, mais dense, où chaque étape prépare la suivante.

Parcours Durée Diplôme final Repère principal
Ancien parcours 5 ans après le bac Diplôme d’État de sage-femme Niveau bac + 5, grade de master
Nouveau parcours 6 ans après le bac Diplôme d’État de docteur en maïeutique Troisième cycle et thèse d’exercice
Étudiants concernés Selon l’année d’entrée dans le cursus Diplôme correspondant au régime applicable La réforme concerne les entrants à partir de la rentrée 2024

Premier cycle : construire les bases médicales et comprendre le soin

Le premier cycle correspond aux premières années de formation et mène au diplôme de formation générale en sciences maïeutiques, ou DFGSMa. Il s’inscrit dans une logique de socle : avant de suivre une grossesse ou d’accompagner une naissance, l’étudiant doit comprendre le fonctionnement du corps humain, les mécanismes physiologiques, les bases de la sémiologie et les principes du soin. Ce socle sert ensuite dans tout le reste du cursus.

Des enseignements scientifiques, mais pas seulement

Les matières abordées couvrent l’anatomie, la physiologie, l’embryologie, la pharmacologie, la santé publique, la gynécologie, l’obstétrique et la néonatologie. La formation inclut aussi des dimensions humaines essentielles : communication avec les patientes, éthique, psychologie, prévention, écoute et posture professionnelle. Les étudiants apprennent donc des connaissances médicales, mais aussi la manière de les transmettre et de les utiliser dans un cadre de soin.

Cette diversité surprend parfois les candidats qui associent le métier uniquement à l’accouchement. En réalité, la sage-femme intervient dans le suivi médical de la grossesse, l’accouchement, la période postnatale, le suivi gynécologique de prévention, la contraception et l’accompagnement global de la santé des femmes et des nouveau-nés. Le métier demande de la précision, de l’attention et une vraie capacité à relier la technique au contact humain.

Premiers stages et simulations

Le premier cycle ne se limite pas aux cours magistraux. Les étudiants découvrent progressivement le terrain grâce à des stages et à des travaux pratiques. Les simulations sur mannequin permettent d’apprendre des gestes, de répéter des situations cliniques et de développer des réflexes avant d’être confronté à des patientes réelles. Cette phase est utile pour gagner en assurance et pour comprendre les exigences concrètes du métier.

Ces expériences confirment ou interrogent le projet professionnel. Elles permettent aussi de mesurer la réalité du métier, entre technicité médicale, rythme de service, responsabilité, travail en équipe et relation de confiance avec les familles. À ce stade, l’étudiant voit déjà si la pratique lui convient dans la durée et s’il se projette dans les contextes de soins proposés.

Deuxième cycle : approfondir la clinique et gagner en autonomie

Le deuxième cycle mène au diplôme de formation approfondie en sciences maïeutiques, ou DFASMa. Il marque une montée en responsabilité : les étudiants passent davantage de temps en stage, mobilisent leurs connaissances dans des situations complexes et se préparent à l’exercice professionnel. Le niveau attendu devient plus élevé, avec des décisions plus argumentées et une autonomie progressive.

Obstétrique, gynécologie, néonatologie : des compétences plus spécialisées

Les enseignements portent sur le suivi de la grossesse normale, mais aussi sur les situations pathologiques, l’obstétrique pathologique, les urgences, la prise en charge du nouveau-né, la période postnatale, la contraception, l’échographie selon les cadres de formation, et parfois l’aide médicale à la procréation. L’objectif est d’apprendre à repérer ce qui relève du suivi physiologique et ce qui nécessite une orientation médicale adaptée. Cette distinction structure une grande partie du raisonnement clinique.

La sage-femme exerce une profession médicale réglementée. Cette réalité explique le niveau d’exigence des études : il faut savoir examiner, décider, alerter, prescrire dans son champ de compétences, accompagner et transmettre les bonnes informations aux autres professionnels de santé. La formation insiste donc autant sur la connaissance que sur la fiabilité du jugement clinique.

Des stages dans plusieurs environnements

Les stages peuvent se dérouler en hôpital, en maternité, en cabinet libéral, en centre de santé ou en PMI. Cette variété est importante, car le métier ne se résume pas à la salle de naissance. Certains professionnels exerceront à l’hôpital, d’autres en libéral, dans la prévention, le suivi à domicile, l’accompagnement postnatal ou le suivi gynécologique de prévention. Chaque cadre donne une vision différente du métier et de ses responsabilités.

Au fil du deuxième cycle, l’étudiant apprend à articuler savoir scientifique et jugement clinique. Il faut alors adapter une conduite à tenir à une patiente, à un contexte, à un niveau de risque et à une équipe. Cette capacité d’adaptation fait partie des compétences attendues à la sortie du cursus et se construit surtout sur le terrain.

Troisième cycle, thèse et exercice : vers le doctorat en maïeutique

Avec la réforme, la formation intègre un troisième cycle qui conduit au diplôme d’État de docteur en maïeutique, à bac + 6. Ce cycle ajoute une année de professionnalisation, d’approfondissement et de préparation à l’exercice. Il comprend notamment une thèse d’exercice, soutenue en fin de parcours. Cette étape finalise le cursus et confirme le niveau atteint par l’étudiant.

Cette évolution ne transforme pas la sage-femme en médecin. Elle reconnaît la spécificité de la maïeutique comme discipline médicale autonome, avec ses compétences propres. Le terme de docteur en maïeutique correspond au diplôme obtenu après le troisième cycle, dans le cadre de la réforme des études. Le point central reste le même : valider un parcours universitaire complet pour pouvoir exercer dans de bonnes conditions.

À la fin du cursus, le diplôme d’État reste indispensable pour exercer. Le jeune professionnel peut ensuite travailler dans des structures hospitalières, en secteur libéral, en PMI, en centre de santé ou dans des activités liées à la prévention et au suivi périnatal. Pour un lycéen ou un étudiant en réorientation, le point essentiel à retenir est simple : le parcours est exigeant, sélectif et long, mais il est progressif. Chaque cycle valide une étape précise, jusqu’à l’acquisition des compétences nécessaires pour accompagner médicalement les femmes, les nouveau-nés et les familles.

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